Compléments alimentaires : un marché solide… et prometteur !

Les chiffres publiés par IQVIA laissent peu de place aux doutes : les compléments alimentaires ont le vent en poupe sur le Vieux Continent. Tous circuits confondus, le chiffre d’affaires du marché européen a progressé de 6,1 % en 2018*, à 11,2 milliards d’euros**. Entre avril 2015 et mars 2018, sa croissance globale aura été de 21,4 %. Une performance de choix ! Certains pays présentent même des résultats détonants sur la période, à l’image de la Roumanie (97 %) ou la Serbie (57,4 %), qui sont toutefois des marchés relativement modestes.

Ces deux nations n’ont visiblement pas valeur d’exception. « Les pays de l’Est ont connu un essor sans précédent, souvent en partant de rien, mais ils ont su maintenir cette activité à un niveau élevé », indique Soizic Fleury, responsable du marketing et du développement des offres chez IQVIA France. Autre enseignement de l’étude : « Le marché européen est essentiellement porté par les segments des vitamines et des voies digestives. Les voies respiratoires et les sédatifs y font également bonne figure », détaille-t-elle.

Particulièrement dynamique, le marché européen des compléments alimentaires est aussi très concentré. Selon IQVIA*, 58 % des ventes** sont réalisées par trois pays, à savoir l’Italie (3,22 Md€), l’Allemagne (2,21 Md€) et la France (1,04 Md€), qui affiche un taux de croissance annuel moyen de 5 % sur les trois derniers exercices. « Si l’Allemagne profite allègrement de l’essor du e-commerce, la réussite italienne a une dimension plus culturelle », assure Soizic Fleury.

Toujours selon IQVIA, 27 % des patients italiens disent préférer se soigner avec des produits naturels. Les prescriptions de compléments alimentaires accompagnent également ce mouvement. Elles ont augmenté de 22 % entre 2015 et 2017, principalement grâce aux généralistes (27 %), aux pédiatres (16 %) et aux gynécologues (14 %). « Un généraliste sur trois reconnaît la valeur scientifique et l’utilité clinique des compléments alimentaires, malgré une faible connaissance des produits », précise-t-elle.

 

L’officine tire les ventes françaises
Par voie de conséquences, les Italiens dépensent bien plus que nous pour acquérir des compléments alimentaires. Les patients transalpins y consacrent 54,4 euros chaque année, contre 16 euros pour les consommateurs français, alors que la moyenne européenne est de 19,9 euros. L’Hexagone arrive ainsi en treizième position du classement européen établi par IQVIA, à partir d’un panel de 19 pays.

D’après le Synadiet, qui regroupe les principaux fabricants du secteur, le marché français des compléments alimentaires a atteint 1,80 milliard d’euros** en 2017, soit une hausse de 5,8 % par rapport à l’année précédente. L’officine est l’un des principaux moteurs de sa croissance (51 %), loin devant les autres canaux de distribution, à savoir les ventes directes et à distance (17 %), les circuits spécialisés (15 %), les grandes et moyennes surfaces (11 %) et les parapharmacies (6 %).

Une étude menée par IQVIA en pharmacie et parapharmacie*** confirme l’embellie des ventes. Entre juin 2017 et mai 2018, l’activité a encore bondi de plus de 5 %, à 1,05 milliard d’euros**. Vitalité/immunité (19 %), humeur/stress/sommeil (16 %) et digestion (16 %) : les trois premières promesses représentent la moitié du marché, en valeur. « Le segment du sommeil a explosé, contrairement à ceux de la beauté et de la minceur qui ont fortement décliné ces dernières années », souligne Soizic Fleury.

« Cette progression s’explique notamment par la multiplicité des références, mais aussi par un taux de renouvellement important des produits, lié aux habitudes de consommation. L’innovation tient plus à des changements de dosage ou de formulation, qu’à des nouvelles substances », poursuit-elle. Cette inflation galopante se traduit manifestement dans les chiffres. Si le nombre d’acteurs est resté relativement stable depuis cinq ans (360 vs 412), pas moins de 8 950 références ont été vendues en pharmacie cette année, contre 5 208 en 2013.

 

(*) CMA entre avril 2017 et mars 2018, à partir d’un panel de 19 pays.

(**) En prix publics.

**) Etude réalisée à partir des panels Pharmatrend et Paratrend

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