Transition numérique : les conseils de Fleur Pellerin

Ancienne ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Economie numérique, parmi d’autres responsabilités politiques sous la précédente mandature1, Fleur Pellerin travaille aujourd’hui dans le secteur privé. Elle dirige une société, qu’elle a créée, pour « accompagner les investisseurs coréens en France ». Lors des Journées Solutions organisées par IQVIA le 15 mars dernier, face aux grands patrons de l’industrie pharmaceutique, son message a été clair : « J’ai constaté la difficulté des acteurs traditionnels à réaliser l’impact de la révolution numérique sur leur business model, avec des conséquences parfois dramatiques. L’internet des objets est en train de bouleverser le rapport à la santé. C’est une tendance inéluctable ! » Selon Fleur Pellerin, la transition numérique n’est pas un moyen, c’est une fin en soi. La concurrence sera rude. « Les investissements massifs consentis par Google pour développer sa filiale Calico sont la preuve d’un intérêt croissant de nouveaux opérateurs pour les domaines de la santé et du bien-être », souligne-t-elle. La résistance doit s’organiser : « L’intelligence artificielle et les données de santé offrent des opportunités sans précédent d’améliorer la précision du diagnostic, mais aussi la prise en charge des patients. Les forces vives du secteur doivent rapidement s’emparer du sujet et proposer des solutions innovantes, en capitalisant sur leur valeur ajoutée. » R&D, acquisitions, partenariats… Tous les moyens sont bons, y compris celui de s’adosser à des structures de plus petite taille, plus dynamiques et plus agiles par essence. « Les relations d’affaires pourraient être mutuellement bénéfiques entre les grands groupes et les start-up », assure-t-elle. Ses conseils : « Il n’y a pas de modèle unique ni de méthode éprouvée. Il faut fréquenter tous les lieux de l’innovation, comme les incubateurs, les FabLab ou les événements thématiques. De nombreux projets porteurs naissent de la rencontre humaine et du co-working », estime Fleur Pellerin. Pour les entreprises de la branche, l’attractivité du territoire et le financement des innovations seront également des paramètres cruciaux. Le régulateur aura donc un rôle majeur à jouer pour faciliter cette transition et favoriser la création de valeur sur le sol français.

(1) Fleur Pellerin a été ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Economie numérique (mai 2012-avril 2014) dans les deux gouvernements Ayrault. Elle a également été secrétaire d’Etat chargée du Commerce Extérieur, du Développement du tourisme et des Français de l’étranger, puis ministre de la Culture et de la Communication (avril 2014-février 2016) dans les deux gouvernements Valls.

 

 

(1) Idem mandature 

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