Médicaments génériques : le Gemme formule des propositions concrètes

Selon le Gemme, le marché des médicaments génériques a progressé de 1 % en 2018, à 3,51 milliards d’euros. Les volumes écoulés ont également augmenté de 1,6 % sur la période, avec 917 millions de boîtes délivrées. L’association, qui représente les 25 principaux fabricants implantés sur le territoire français, parle pourtant d’une croissance en « trompe l’œil ». A périmètre constant, autrement dit avec un répertoire figé au 31 décembre 2017, les performances ont reculé en volume (- 0,7 %) et en valeur (- 3,5 %).

Les génériqueurs disent avoir subi les « effets délétères » des baisses de prix imposées par les pouvoirs publics. Estimées à 4,5 % en moyenne par an, elles « impactent significativement la rentabilité » des entreprises du secteur. D’après le Gemme, le faible taux de pénétration des génériques* sur le marché des médicaments remboursables ne permet plus de « compenser les pertes ». En conséquence, l’association évoque différentes pistes pour développer la production, la prescription, la délivrance et l’usage des médicaments génériques.

 

Augmenter la prescription dans le répertoire

Pour accroître le taux de prescription dans le répertoire, seul véritable levier d’action avec l’élargissement de la liste des produits autorisés en son sein, les responsables du Gemme proposent de majorer a posteriori le tarif de la consultation médicale (1 à 1,50 euro), selon des objectifs préalablement fixés. Ils suggèrent également de créer un honoraire soumis à des objectifs de prescription en dénomination commune internationale pour les spécialités complexes.

Au-delà des prescripteurs, le Gemme souhaite que les pharmaciens soient mieux rémunérés pour leur effort de substitution**, ne serait-ce que pour accompagner la mise en place du « reste à charge », prochainement imposé aux patients qui la refuseront (voir plus bas). L’association recommande par ailleurs la création d’un honoraire spécifique pour les spécialités complexes. Pour renforcer la demande des assurés, le Gemme préconise enfin l’instauration d’une franchise médicale « plus faible », si le produit est inscrit au répertoire générique.

 

Des objectifs inatteignables ?

Les génériqueurs ont manifestement besoin d’un « second souffle » pour « promouvoir les investissements industriels, renouveler l’offre et assurer une concurrence efficace ». Ils sollicitent donc « une pause dans les baisses de prix », qui atteindront 100 millions d’euros en 2019. Selon eux, le potentiel médico-économique de cette catégorie de médicaments est encore « très largement » inexploité. « Un développement comparable à celui de nos voisins européens garantirait à l’assurance maladie plus d’un milliard d’euros d’économies supplémentaires chaque année », souligne le Gemme. Rappelons que le montant total des économies liées aux médicaments génériques aura finalement été de 3,16 milliards d’euros en 2018.

Justification médicale de la mention « non substituable », création progressive d’un registre de médicaments hybrides substituables par le pharmacien, remboursement indexé sur le prix du générique si le patient refuse la substitution : la LFSS 2019 comporte un certain nombre de mesures techniques, que le Gemme juge toutefois « insuffisantes ». Les membres de l’association estiment par ailleurs que les objectifs du plan « Ma Santé 2022 » sont « inatteignables en l’état », notamment en ce qui concerne la progression attendue du taux de prescription dans le répertoire (50 % en 2022, contre 45 % actuellement). Un chiffre illustre très clairement les enjeux en présence : chaque point glané occasionnera un gain de 80 millions d’euros pour la Sécurité sociale… et contribuera également à relancer un marché en berne.

 

(*) Les médicaments génériques représentent 37 % des volumes remboursés en France, contre 80 % au Royaume-Uni ou encore 50 % en Allemagne.
(**) Selon le Gemme, le taux de substitution dans le répertoire générique a atteint 80,9 % en 2018.

NB : Selon IQVIA, le marché des médicaments génériques a cru de 2 % en 2018, à 3,67 milliards d’euros. Les volumes écoulés ont également progressé de 2,5 %, soit un total de 950 millions de boîtes délivrées sur la période. Des chiffres comparables à ceux présentés par le Gemme, quoique légèrement supérieurs en évolution.

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